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Mondialisation

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Cendant quelques chercuseont étudié la mondialisation sous une optique de genre, outre tcelles e nous avons déjà citées&nbs: Jeanne Bisillib Depraved (2003) qui a étud Depraved les poli-tiques Depraved d’a-justement structurel ou l’impacde la mondialisation sur les femmes chefs de famille ; ou Mirjana n Morokvasic-Müller (2003) qui a été une des premières en France à placer la migration au centre du débat sur la mondialisation. Il faut aussi mentionner les économistes féministes telles que Lourdes Beneria, Nilufer Cagatay, Diane Elson, Maria Floro, Caren Grown, Martha MacDonald, etc. Leurs travaux ont été publiés dans divers dossiers spéciaux de revues telles que Feminist Economics et World Development.  Des numéros spéciaux de revues francophones ont enfin été consacrés à mondialisation et au genre, comme Recherches Féministes au Canada (vol. 17, n° 2, 2004,), Chroniques féministes en Belgique (n° 93, 2005), les Cahiers du Gedisst (n° 21, 1998) et les Cahiers du Genre (n° 40, 2006) en France.

La mondialisation et les conséquences paradoxales sur le travail et l’emploi

Ces recherches ont montré une croissance au niveau mondial, à de rares exceptions près, de l’emploi salarié et du travail rémunéré des femmes. Il y a eu une participation accrue des femmes sur le marché du travail, tant dans le secteur formel que dans les activités informelles, et un nouveau essor des emplois dans le secteur des services. Cependant, et c’est un des paradoxes de la mondialisation, cet accroissement s’est accompagné de la précarisation et de la vulnérabilité accrues de ces emplois. Ces emplois sont très souvent instables, mal rémunérés, peu valorisés socialement. Ils comprennent une possibilité presque nulle de promotion et de carrière, et les droits sociaux qui s’y rattachent sont souvent limités ou inexistants tant en Asie, qu’en Europe ou encore en Amérique Latine. Le modèle de travail vulnérable et flexible a pris, dans les pays du Nord, la figure du travail à temps partiel et, dans les pays du Sud, la figure du travail informel, sans statut et sans aucune protection sociale. Des travailleuses pauvres (working poors) et les « familles monoparentales », terme neutre qui cache le fait qu’il s’agit très majoritairement de mères célibataires, sont en expansion dans la plupart des pays du Nord et du Sud. On assiste aussi à la bi-polarisation des emplois féminins, résultant en partie des processus qui se déroulent dans la sphère éducative et devenant un point central de convergence entre les pays du Nord et du Sud. Cette bi-polarisation voit s’établir, d’un côté, des femmes cadres et appartenant aux professions intellectuelles supérieures, catégories qui se féminisent (médecins, avocates, juges, architectes, journalistes, professeures universitaires, chercheuses, autres salariées des métiers de la publicité et de l’art, etc.), et, de l’autre côté, des femmes dans les métiers traditionnellement féminins : des employées du secteur public, de ceux de la santé, de l’éducation, du service aux particuliers : des aides-soignantes, infirmières, institutrices, professionnelles du « care », s’occupant des vieux, des malades, des enfants, du travail domestique, en tant qu’employées, femmes de ménage… Un des résultats de ce processus est l’exacerbation des inégalités sociales et des antagonismes. Ceux entre les hommes et les femmes, mais aussi ceux entre les femmes elles-mêmes (cf. les hypothèses fortes de Danièle Kergoat, 1998).

Les nouvelles conditions de travail dans le secteur des services et du commerce en voie d’expansion concernent aussi majoritairement les femmes. L’analyse des résultats de la dernière enquête SUMER, de 2002, par Jennifer Bué a montré que les travailleuses déclarent plus que les travailleurs qu’elles vivent en situation de tensions avec les usagers/clients pendant leur travail. Elles disent ressentir plus d’inquiétude face aux risques d’agression verbale et physique. Face à des menaces ou à des actes de harcèlement sexuel ou moral, elles seraient, davantage que les hommes, exposées au mépris et à la dérision… Elles sont « ignorées » ou font l’objet de « remarques désobligeantes », ou encore elles sont censurées ou ridiculisées en public. (Bué, 2005).   

L’intensification du travail est, d’une manière générale, une des conséquences de la flexibilisation et de la précarisation de l’emploi. Comme l’écrit Marcio Pochmann, « une des conséquences de l’inexistence de garanties pleines d’emploi pour tous ceux qui en ont besoin, est qu’il y a inévitablement un  mouvement de dégradation du travail » (Pochmann, 1996 : 166). L’absence de plein emploi peut amener à une dégradation des conditions de travail, voire à des processus de désaffiliation (Castel, 1995, 1998). Ce phénomène affecte néanmoins autant les hommes que les femmes, comme j’ai pu le constater lors des entretiens effectués en 2003 dans des agences  nationales pour l’emploi de la région métropolitaine de Tokyo avec des jeunes chômeuses et chômeurs japonais. Les jeunes chômeuses font toutes référence à l’intensité et à l’allongement de la durée du travail qu’elles avaient auparavant connue dans les « petits boulots ». Un jeune ex-salarié dans une compagnie d’import-export faisait état des horaires de travail journalier proche de 20h… Il n’a pu tenir plus d’un an. D’autres exemples rencontrés concernent les trajectoires de cadres supérieurs, en spirales descendantes, qui finissent comme intérimaires au Disneyland de Chiba. Leur nouvelle fonction consistant à se déguiser en Mickey montre jusqu’où peut aller le processus de précarisation dans un contexte de crise de l’emploi et de réorganisation du travail (cf. les résultats de cette recherche sur le chômage dans une perspective comparative, in Kase et Sugita, 2006).

Les processus de précarisation du travail et leur légitimation sociale et scientifique

 

On assiste aujourd’hui à un processus de légitimation sociale et scientifique de la précarité, évalué parfois positivement, présenté parfois comme inéluctable, fatale, presque « naturelle ». Bétrice Appay (2005 : 122) se réfère à une circulaire ministérielle de 1994 qui demande de remplacer l’expression « emplois précaires » par « nouvelles formes d’emplois ». Cette euphémisation vise à connoter positivement la précarité et la flexibilité. Laurence Parisot, présidente de l’organisation patronale française, le MEDEF, n’a pas hésité à déclarer le 30 août 2005 au quotidien Figaro : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ». Elle amalgame des états,  processus ou registres très différents, de dimensions contrôlables et non contrôlables.

Des intellectuels tendent aujourd’hui à aller dans le même sens. L’idée que le plein emploi est révolu, et que la flexibilité /mobilité doit être acceptée comme la modalité paradigmatique de l’emploi dans le « nouveau capitalisme » ou la « nouvelle économie » fait son chemin y compris parmi les chercheurs en sciences sociales ou les philosophes, de Richard Sennet à Antonio Negri. Le débat se situe aujourd’hui pour une partie des sociologues, économistes et juristes du travail dans la question de la sécurisation des parcours individuels, la flexicurité, plutôt qu’au niveau des groupes socio-professionnels, dans la sécurité des statuts sociaux (cf. Zimmermann, 2006).

Ainsi, Boltanski et Chiapello (1999 : 247-249) notent la congruence de la précarité et de l’instabilité avec le « nouvel esprit du capitalisme » : « la fidélité et la stabilité constituent aujourd’hui, paradoxalement, des facteurs de précarité ». Louer au lieu d’acheter un logement, vivre en concubinage au lieu de se marier, avorter dans l’espoir de garder son emploi au lieu d’avoir des enfants, peuvent être des conduites privilégiés par des jeunes dans l’espoir d’échapper, paradoxalement, à la précarité. La famille « flexible », recomposée, « paraît en affinité avec un capitalisme « en réseau ». Cette description participe au signalement d’un nouveau rapport au travail et d’une nouvelle configuration idéologique, avec la prééminence de l’activité et du changement : « Faire quelque chose, se bouger, changer » est dans ce cadre « valorisé par rapport à la stabilité souvent considérée comme synonyme d’inaction » (Boltanski et Chiapello, 1999 : 237).

Dans un article récent sur le mouvement contre le Contrat Premier Emploi (CPE) en France, Giuseppe Cocco et Antonio Negri (2006) écrivent : « le défi est d’abandonner les cordons de l’ « emploi du passé » […] aller au delà de la défense de l’ère industrielle et affirmer que flexibilité et mobilité ne signifient pas nécessairement précarité et risque ». « Si le passage d’un emploi à un autre, de la formation à l’emploi, sont aujourd’hui les dimensions ontologiques du travail, il faut reconnaître la dimension productive de toutes ces situations […] par la mise en place d’un revenu d’existence ». Cet article de Cocco et Negri est intitulé : « Le travail du deuil » : il s’agirait selon eux de faire le deuil de cet « emploi du passé » de l’ère industrielle et d’accepter la flexibilité et la mobilité.

Les thèses présentées par Richard Sennet (2006) convergent avec cette idée[2] lMondialisationd r Depraved fMondialisationn Depraved t t Depraved Depraved